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L’étalage du papillon : le Morpho

Morpho godartii tingomariensis, BLANDIN, 2007, Tingo Maria, Rio Huallaga, Huanuco, mars 2009 (Pérou).

Morpho godartii tingomariensis, BLANDIN, 2007, Tingo Maria, Rio Huallaga, Huanuco, mars 2009 (Pérou). Photo : M. Belloin

(Cliquer sur les photos pour un meilleur effet !)

Michel Belloin & Daniel Lacomme

 

En l’occurrence, il s’agit de Morpho godartii tingomariensis, BLANDIN, 2007, Rio Huallaga, Tingo Maria, prov. de Huanuco, (Pérou)

La méthode présentée ici n’est pas exhaustive : elle est applicable à toutes sortes de lépidoptères à condition que l’étaloir soit adapté à la taille de l’insecte en particulier à l’épaisseur du thorax.

Les planchettes de l’étaloir sont légèrement inclinées pour une position plus plane du papillon en collection.

Les papillons, s’ils ne sont pas fraîchement capturés, doivent être ramollis dans une boîte hermétique sur du coton humide sur lequel on aura placé un peu de naphtaline écrasée pour éviter les moisissures. À toutes les étapes de l’opération l’étiquette avec provenance et date doit rester à proximité du spécimen, à l’exclusion de toute autre papillote ou étiquette pour éviter les mélanges de données

Matériel

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1. Ramollissoir
2. Coton hydrophile
3. Naphtaline
4. Pince de philatéliste à bout plat
5. Épingles à piquer (n°000 à n°6)
6. Épingles pour coléoptères (longues, n°7)
7. Épingles à tête d’émail
8. Étaloir en bois de peuplier (régulièrement entretenu par ponçages)
9. Diverses bandes étroites de papier calque
10. Bandes larges diverses en papier cristal
11. Compte-fil pour les antennes
12. Loupe sur pied utile pour les petites espèces

Méthode

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(fig 01) Le papillon est saisi par le thorax ou éventuellement par le bord costal des ailes fermées, sans pression.

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(fig 02) On vérifie la souplesse des muscles en repoussant avec la pince les ailes antérieures sur les postérieures.

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(fig 03) On fait jouer l’ouverture des ailes en mouvements progressifs.

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(fig 04) Le papillon est piqué au milieu du thorax avec une épingle à insectes de taille adaptée (n°000 à n°6)

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(fig 05) On doit saisir la tête de l’épingle pour la faire glisser sans endommager les ailes.

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(fig 06) L’insecte est piqué bien droit sur le liège ou l’émalène de la rainure de l’étaloir.

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(fig 07) Sa hauteur sur son épingle est ajustée de sorte que les ailes se plaquent librement sur les planchettes de l’étaloir.

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(fig 08) Deux bandes de papier calque sont utilisées pour appliquer les ailes provisoirement.

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(fig 09)

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(fig 10)

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(fig 11)

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(fig 12)

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(fig 13) Ces bandes sont solidement fixées et tirées au maximum en prévoyant la place pour la position des ailes antérieures.

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(fig 14) Avec la pince on saisit sous une nervure costale résistante l’aile antérieure (au niveau d’une tache plus claire dans le dessin lorsqu’il y en a)…

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(fig 15) … que l’on place à hauteur conventionnelle (le bord interne perpendiculaire à l’axe du corps).

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(fig 16) En maintenant les ailes dans leur position par une légère pression des doigts sur la bande de papier, on les assujettit sur l’étaloir avec les épingles à tête d’émail…

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(fig 17) … pour remonter l’aile postérieure en la pinçant près du bord à un emplacement qui sera recouvert par l’aile antérieure.

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(fig 18) Une bande de papier cristal est présentée pour recouvrir les ailes tout en maintenant leur position …

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(fig 19) … jusqu’à ce qu’elles soient fixées par des épingles piquées au plus près des bords, en particulier du bord costal des ailes antérieures.

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(fig 20) Les couleurs des épingles n’ayant ici aucun rôle, elles sont laissées au libre choix du préparateur (!)

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(fig 21) On dépique ensuite les épingles des premières bandes pour rapprocher les épingles et retendre le papier si nécessaire.

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(fig 22)

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(fig 23) On traite l’autre partie en ayant soin d’aligner les deux bords inférieurs des ailes antérieures.

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(fig 24) Les antennes sont maintenues parallèles à la côte de l’aile et plaquées à l’aide d’autant d’épingles que nécessaire (épingles longues n°7). Les antennes se trouvant par-dessus les bandes de papier, on aura soin, après séchage, d’ôter ces bandes très précautionneusement. On est souvent obligés de repositionner la tête avec une épingle longue avant de traiter les antennes.

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(fig 25) Enfin on joint l’étiquette (provisoire ou définitive) ou la papillote comportant les indications de capture au spécimen étalé. Le séchage à l’air libre dure de 7 à 10 jours selon les conditions atmosphériques. On peut accélérer le séchage sur un radiateur ou dans un four.

Abdomen : L’abdomen des Morpho (mâles) devant être enlevé pour éviter la diffusion de graisse dans les ailes, on piquera avec l’étiquette sur l’épingle du Morpho une petite papillote contenant l’abdomen dégraissé dans de la benzine ou de l’Eau Écarlate.

Pour les autres familles, on doit maintenir l’abdomen en position sur l’étaloir, c’est-à-dire dans l’axe du corps, soit avec du coton hydrophile placé dessous, soit avec deux épingles longues croisées sous l’appendice et piquées dans l’épaisseur des planchettes de l’étaloir.

7 réponses

  1. DUMONT Francis
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    Sympa, bien fait, belles photos. Un bon moyen de gagner en quelques minutes plusieurs années d’expérience. Mais tout n’est pas dit, et j’attends avec impatience le même article sur les Colias, les Castnia, les Lycènes et surtout les Hespérides !!!!

  2. Insect Collection
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    Excellente méthode pour les novices (et moins novices). De ma part, j’inclue une paire de bandes de papier calque additionnel que j’insère entre les ailes antérieures et postérieures (surtout pour les lépidoptères de petit et moyennes tailles). Souvent, en remontant la nervure costale résistante de l’aile antérieure (fig 14), l’aile postérieures embarque sur l’aile antérieure. Comme tout montage d’insectes, on essaie de manipuler au minimum le spécimen pour ne pas l’endommager. Avec les bandes de papier calque additionnel, les ailes antérieures et postérieures sont séparées et ne se touchent pas.

    http://www.Insect-Collection.com

    Merci.

  3. moulin
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    Technique non valable pour les petits papillons comme les lycènidés ou pour les noctuidés ; il faut utiliser une autre méthode : on mobilise les ailes en les poussant avec une épingle placée sous l’aile ; ne jamais bouger les ailes avec des pinces sauf pour les Charaxes.

    Il serait plus simple de faire une démonstration. En bref, je mobilise l’aile en la poussant avec une épingle placée sous cette aile sans l’abimer ; je fais tenir l’aile avec une petite bande de papier cristal ; je procède de même avec l’autre aile homolatérale ; j’étale l’autre côté puis ensuite je fais reculer les ailes pour les positionner correctement, et enfin je mets des bandes de papier cristal parallèles a l’axe du corps du papillon. Il serait plus simple d’expliquer en étalant des papillons ! À disposition !

  4. Niel
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    Très bien ! Serait-il possible d’avoir une version Pdf fonctionnant ?

  5. Lenoire
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    Bonjour
    Je ne suis peut-être pas entomologiste, mais j’aime les insectes, je les photographie, les observe et les respecte.
    Enfoncer une aiguille dans le thorax d’un papillon me choque profondément.
    Cette culture de la collection est incompatible avec les respect et la préservation des individus.
    Aucun argument ne tient. L’observation ? L’étude ? Elle peut se faire sur photos, et les mesures peuvent se faire par immobilisation de l’animal, sans sacrifice.
    La raison de cette pratique ?

  6. Xavier
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    Je ne comprends pas la démarche de “Lenoire”: comment pensez-vous que les Ours, les Poissons, les Oiseaux…. puissent un jour être identifiés ?…

    Êtes-vous naïf a ce point que tout prélèvement puisse être évité ? Sortez de votre BD…

  7. Michel
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    Il faudrait que “Lenoire” sache que les captures détruisent rarement les espèces car les lépidoptères s’accouplent et pondent très rapidement après l’éclosion.
    Le broyage des fossés, pelouses et autres détruisent 1000 fois plus, sans parler des pesticides.

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