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Le programme : « Papillons & Jardin » de Noé Conservation (depuis 2006)

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Le texte qui suit est extrait du site internet de Noé Conservation et de la page ” Papillons & Jardins “.

 

Le programme : « Papillons & Jardin » de Noé Conservation (depuis 2006)

 

Les papillons sont indispensables à l’homme. Pas seulement pour les services qu’ils rendent, ou leur importance dans les écosystèmes : ils sont aussi l’incomparable petite touche de couleur qui redonne espoir dans le printemps et nous appelle à rêver.

Avec 165 000 espèces décrites, les papillons représentent environ 10 % des espèces animales connues au monde. Agents pollinisateurs, proies pour les oiseaux, les batraciens ou les chauves-souris, les 5 200 espèces de papillons (papillons de jour et papillons de nuit) de France jouent un rôle important dans le bon fonctionnement de la nature.

La disparition des habitats (zones humides, prairies sèches), la raréfaction des plantes hôtes, les pesticides ou le changement climatique sont autant de menaces, dues aux activités humaines. De nombreuses espèces disparaissent ou se raréfient. En Grande-Bretagne, les populations d’oiseaux ont vu leurs effectifs diminuer de 54 % en 20 ans… mais les papillons détiennent la Palme d’Or : 71 % de déclin sur 20 ans ! La tendance européenne est semblable : l’abondance des espèces de papillons vivant dans les prairies a été réduite de moitié en 14 ans…

Avec la raréfaction de leurs milieux de vie, le rôle des jardins dans la conservation des papillons devient aujourd’hui de plus en plus important. En France, les jardins couvrent plus d’un million d’hectares, soit 4 fois plus que la superficie de toutes les réserves naturelles réunies ! Si nos jardins accueillent demain plus de papillons, l’impact peut donc être très important, non seulement pour les papillons mais aussi pour toute la nature qui nous entoure !

Le jardin est aussi un univers où de nombreux enjeux environnementaux actuels peuvent s’illustrer (économies d’eau, réduction des pesticides et santé publique, réduction du volume des déchets ménagers et compost, éclairage de nuit, et donc, économies d’énergie et lutte contre les changements climatiques, produits respectueux de l’environnement, etc.). Une évolution des comportements dans ces domaines peut contribuer fortement à des pratiques et des modes de consommation plus durables en France.

Sur le constat de cette synergie entre des jardins plus naturels, la conservation des papillons et l’amélioration de notre environnement, Noé Conservation lance le programme « Papillons & Jardin », en y associant toutes les bonnes volontés : les jardiniers amateurs (vous !), les naturalistes, les entreprises concernées, des gestionnaires d’espaces naturels et des scientifiques.

L’Observatoire des Papillons des Jardins

Grâce à votre forte participation à l’Observatoire des Papillons des Jardins et à deux années de suivi passionnantes, les scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle ont pu travailler sur de nombreuses données l’hiver dernier.

L’Observatoire en chiffres

* 3 982 jardins suivis (3 500 en 2006, soit 14 % de plus)

* 16 800 relevés effectués (un relevé représente l’ensemble des observations effectuées dans un jardin un mois donné) (14 300 en 2006)

* 193 000 papillons comptés (232 000 en 2006)

Par rapport à 2006, le nombre de jardins suivis est en augmentation, permettant une couverture géographique plus dense, pour des données encore davantage pertinentes. Des disparités régionales sont cependant observables. Certaines régions restent trop peu couvertes. Ainsi la Corse par exemple, avec 15 jardins inscrits seulement, est la région la moins bien recensée, suivie par le Limousin et l’Auvergne, où moins de 100 jardins ont été suivis régulièrement. Pour ces régions, les cartes d’abondance des espèces sont moins pertinentes par manque de données.

L’objectif de la nouvelle édition 2008 est donc d’étoffer encore la couverture géographique, et de renforcer le maillage dans l’est, le centre, et le sud !

De nouveaux jardins, mais aussi des jardins abandonnés

En tout, en 2006 et 2007, 5534 jardins ont été suivis. Mais seuls 1820 jardins (33%) ont été suivis sur les deux ans. Ainsi la moitié des jardins suivis en 2006 n’a plus été suivie en 2007. Ces jardins ont été remplacés par plus de nouveaux jardins, ce qui nous enchante, mais pose malgré tout la question de la durée de suivi des jardins. Plus les jardins seront suivis longtemps et régulièrement, meilleure sera la qualité des données et les prévisions que les chercheurs pourront faire, en termes d’abondance et d’évolution des populations. Nous comptons sur vous pour continuer à observer !

En 2006, première année d’observation des papillons, une carte du nombre moyen d’espèces observées dans les jardins par commune a été établie. Avec les données récoltées lors de l’édition 2007, une nouvelle carte a été dressée, qui permet de révéler les évolutions de l’abondance de ces 28 espèces communes.

Les résultats montraient alors que la richesse moyenne en espèces observées dans les jardins variait selon les régions. Les résultats 2007 permettent de confirmer cette observation, car on retrouve des cartes de répartition similaires, avec des zones où moins d’espèces de papillons sont observées, comme dans le nord de la France, l’Alsace, la Franche-Comté, la côte du Languedoc. On retrouve également des contrastes marqués entre régions similaires : ainsi, par exemple, près de deux fois plus d’espèces en moyenne sont observées dans les jardins du sud-ouest du bassin parisien qu’en Picardie. Une différence similaire est observée entre l’est et l’ouest de la côte méditerranéenne.

Et moins de papillons en 2007 qu’en 2006

Une différence notable est en effet observée entre 2006 et 2007 en Bretagne et dans le nord de la France, où moins d’espèces ont été observées cette année. Cet écart pourrait être dû à un été pluvieux et froid.

De façon générale, il s’agit de fluctuations qui peuvent être ponctuelles, liées à la météorologie ou à des variations interannuelles « normales » de l’abondance des espèces, souvent dues à des interactions avec les populations parasites. Nous manquons aujourd’hui de recul pour en tirer des conclusions sur le devenir à long terme de ces espèces. Seule l’acquisition des données sur plusieurs années permettra de préciser si ces variations d’abondance sont réellement significatives, et si l’on peut les relier à des phénomènes comme le réchauffement climatique ou l’utilisation des pesticides.

Cependant, ces résultats démontrent d’ores et déjà que l’Observatoire est capable de détecter des variations d’abondance d’une année à l’autre et donc sur le long terme de suivre l’évolution des populations de papillons en France et en région. Nous avons donc besoin de vous pour continuer ces passionnantes analyses !

Souci, Machaon, Tircis : quoi de neuf en 2007 ?

Le suivi d’une même espèce d’une année sur l’autre permet aussi de révéler des fluctuations en termes d’abondance. Les cartes illustrent l’évolution en terme d’abondance de trois papillons différents : le Souci, le Machaon et le Tircis. Les cartes se lisent de la façon suivante : si la région est en rouge ou en orange, moins de papillons ont été vus en 2007 qu’en 2006, si la région est en blanc, l’abondance a été identique les deux années, et si la région est en vert ou en bleu, plus de papillons ont été vus en 2007 qu’en 2006.

Ainsi, le Souci, espèce migratrice, a été beaucoup moins observé en 2007 qu’en 2006, particulièrement dans la moitié nord de la France où il a été en moyenne plus de cinq fois moins abondant en 2007 qu’en 2006.

Le Machaon présente une situation contrastée, avec un déclin important en 2007 sur la façade atlantique (entre cinq et deux fois moins d’individus en 2007) et davantage d’individus observés dans l’extrême est (Alsace).

Enfin, le Tircis est une espèce qui a été beaucoup plus abondante en 2007 qu’en 2006, en particulier dans les deux tiers sud de la France.

Encore une fois, il n’est pas possible de donner pour le moment de réponse précise à la question que nous nous posons tous : pourquoi ? Sur deux années, trop de paramètres entrent en jeu (météo, parasites des papillons, prédateurs, …) pour pouvoir expliquer telle ou telle tendance. Un peu de patience donc, les années prochaines nous apporteront sûrement plus de réponses !

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