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Papillons outragés !

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C’est bien connu, Damien Hirst, l’artiste britannique dont les oeuvres se vendent des millions, aime provoquer. Par exemple, en utilisant comme matériau des milliers de lépidoptères. Nous avons ici même évoqué ses vitraux en papillons.

Visitant la FIAC 2008, je tombe en arrêt devant ce diptyque :

 

Diptyque de Damien Hirst

Diptyque de Damien Hirst. Photo : Artnet

Oeuvre, dont je photographie quelques détails :

Morpho didius HOPPFER, 1874. Détail du diptyque de Damien Hirst, FIAC 2008. Photo : J.-M. Gayman

Morpho didius HOPPFER, 1874. Détail du diptyque de Damien Hirst, FIAC 2008.
Photo : J.-M. Gayman

Archaeoprepona licomedes CRAMER, 1777 (?) sur le diptyque de Damien Hirst, FIAC 2008. Photo : J.-M. Gayman

Archaeoprepona licomedes CRAMER, 1777 (?) sur le diptyque de Damien Hirst, FIAC 2008. Photo : J.-M. Gayman

Sans entreprendre ici un commentaire de critique esthétique, je me contenterai de rapporter les pensées – triviales – qui me passent alors par la tête :

  • j’évoque ces entomologistes, menacés d’emprisonnement (dans nombre de pays), lorsqu’ils collectent quelques papillons à des fins scientifiques …
  • Je me demande si les douaniers, chargés de l’application des accords CITES, se soucient de ce trafic d’animaux protégés ?

Il est vrai que ce sont probablement des bêtes d’élevage. Néanmoins, pour un lépidoptériste, aujourd’hui de plus en plus limité dans ses opportunités de ” chasse ” par les réglementations en vigueur dans beaucoup de pays, l’utilisation massive de lépidoptères (créations artistiques, souvenirs pour touristes, fards, etc.) dégage des relents scandaleux.

Au Brésil, d’où viennent peut-être ce Morpho et ce Prepona, chasser le papillon conduit en prison. Les boutiques des aéroports brésiliens proposent pourtant, ouvertement, aux touristes un large éventail de souvenirs fabriqués avec des ailes de lépidoptères. Nous avons relevé des pratiques identiques en Chine, à Palawan, etc.

Dans ce monde où les États se donnent bonne conscience à coups de réglementations “écologiques” (le plus souvent bureaucratiques) et où le business prospère néanmoins, ce sont les scientifiques qui font figure de perdants.

 

 

 

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