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Some observations on Behaviour of Delias Imagos

Jean-Marc Gayman

La version en français de ce texte se trouve à la suite de la traduction en anglais.

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Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Behaviour of Delias imagos

 

Firstly, females are rarer (when identified) than males. Among 79 samples and 12 species, we found only one female of Delias mavroneria flavidior, one D. albertisi albertisi, one D. ligata dealbata, three D. mysis lara and four females of D. ladas levis (13 males). According Leslie Day, the female of D. caroli caroli is the most frequent : we collected only two females (10 males). With 25 % of females, D. mysis lara presents the highest rate (for 4 specimens only). We counted 69 males and 10 females among the 79 samples identified (12,65 % of females). This situation reflects the behaviour of the female Delias for they fly generally over the canopy rarely descending to creek level. Thus, the female of Delias takashii SAKUMA, 1999 (Arfak endemic) remains unknown (LESLIE DAY).

Secondly, Delias fly, rapidly, during periods of sunshine. When clouds appear they tend to hide rapidly while others butterflies remain flying (for example : Euremas, Mycalesis, Hypocysta isis (GROSE-SMITH, 1894), Pithecops dionisius (BOISDUVAL, 1832), and Ornithoptera ; in Meni, we saw Ornithoptera tithonus misresiana (JOICEY & NOAKES, 1916) flying during rain). Outside Arfak (Snow Mountain), D. leucobalia distincta (ROTHSCHILD, 1915) is known to fly during rainy weather (PARSONS, 1999, 298).

Delias geraldina vogelcopensis YAGISHITA, 1990. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Delias geraldina vogelcopensis YAGISHITA, 1990. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Le ruisseau à Mokwam, refuge de Delias ladas levis. Arfak, août 2007. Photo : Jacques Marquet

Le ruisseau à Mokwam, refuge de Delias ladas levis. Arfak, août 2007. Photo : Jacques Marquet

Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Thirdly, males are « mud-puddlers » notably along streams, on wet sand between rocks, mostly isolated and not associated in groups. For PARSONS, this behaviour appears mainly above 1200 m (PARSONS, 298). For example, near the end of a rainy afternoon in Mokwam (August 19th), following the village children, we explored the vegetation along a small creek : on leaves situated above the water, many D. ladas levis had found shelter but flew when disturbed. TOXOPEUS wrote that « rivers beds are always places where, by sunny weather, these butterflies go to fly and, by cloudy weather, go to rest » (quoted by PARSONS, 298). On August 23rd, during a sunny morning in Siobri, between 8 and 9 AM, Delias albertisi and Delias meeki arfakensis flew around Zeth Wonggor’s cabin. During the second part of the morning, I climbed up the creek, observing many Delias « mud-puddling » between the rocks (where Graphium weiskei weiskei (RIBBE, 1900) was passing very rapidly) : Delias heroni, D. kenricki, D. angiensis, D. microsticha flavopicta and D. caroli caroli were observed. In the afternoon, the sky was cloudy and Delias were not seen.

These observations agree with MEEK’s (1913, 125) who stated that Delias males fly 4 meters above rivers, and those of MORINAKA (1993), studying the Baliem Valley Delias around 2000 m elevation : puddling begins only during sunny weather (or slightly cloudy) when the temperature reaches 20°C (9 AM) and ceases immediately, with dispersion when clouds appear. If the weather remains sunny, puddling continues until 1.30 PM, associating generally less than ten individuals but occasionally three dozen comprising several species.

Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

The morning of August 24th : on the track going from Siobri to Meni, as the sun warmed the slopes exposed to the East, Delias and Cethosia cydippe damasippe (C. & R. FELDER, 1867) fled together,visiting flowers. In Meni, when the sun shon, the Delias were not abundant being more difficult to approach : they deviated into the forest and if they returned to the track, they flew very quickly 4 or 5 meters above the ground. When they rested on leaves, they were invariably too high to collect. (Vindula arsinoe arsinoe (CRAMER, 1777) acted in the same manner at the same places). Because the track followed ridge crests and slopes some distance above the stream, in Meni we could not observe the behaviour of Delias with respect to water. This may explain why Delias ladas levis, very common in Mokwam, appears to be very occasional in Meni. At higher elevations above Meni, on the same track, before the arrival of clouds, we encountered Delias albertisi albertisi, D. anjae and D. caroli caroli. Some minutes later, subsequent to cloud arrival, a couple of Morphotaenaris schoenbergi schoenbergi (FRUHSTORFER, 1893) were still flying slowly but all Delias had disappeared.

Delias albertisi albertisi OBERTHÜR, 1880 (endemic ssp. of Arfak)
Delias angiensis TALBOT, 1928 (endemic)
Delias anjae SCHRODËR, 1977 (endemic)
Delias caroli caroli KENRICK, 1909 (endemic ssp.)
Delias heroni KENRICK, 1909 (endemic)
Delias kenricki TALBOT, 1937 (endemic)
Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922
Delias ligata dealbata TALBOT, 1928 (endemic ssp.)
Delias mavroneria flavidior ROTHSCHILD, 1916
Delias meeki arfakensis JOICEY & TALBOT, 1922 (endemic ssp.)
Delias microsticha flavopicta ROTHSCHILD & JORDAN, 1904 (endemic ssp.)
Delias mysis lara BOISDUVAL, 1836
Delias takashii SAKUMA, 1999 (endemic)

Le ruisseau à Mokwam, refuge de Delias ladas levis. Arfak, août 2007. Photo : Jacques Marquet

Le ruisseau à Mokwam, refuge de Delias ladas levis. Arfak, août 2007. Photo : Jacques Marquet

Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922. Meni, Arfak, 25 août 2007. Photo : G. Zakine

Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922. Meni, Arfak, 25 août 2007. Photo : G. Zakine

Quelques observations sur le comportement des Delias de l’Arfak

Les Delias volent au soleil et rapidement. Par temps nuageux, ils disparaissent. Contrairement aux Euremas, aux Mycalesis, à Hypocysta isis (GROSE-SMITH, 1894), à Pithecops dionisius (BOISDUVAL, 1832), et aux Ornithoptères. À Meni, Ornithoptera tithonus misresiana (JOICEY & NOAKES, 1916) patrouille par temps pluvieux. Les Delias se posent ou se cachent dès qu’un nuage masque le soleil. En Papua, hors de l’Arfak (Snow Mt), seul D. leucobalia distincta (ROTHSCHILD, 1915) vole par temps pluvieux (PARSONS, 1999, 298).

Les femelles sont bien plus rarement aperçues (ou identifiées) que les mâles. Sur 79 exemplaires observés de 12 espèces, nous ne trouvons qu’une femelle de Delias mavroneria flavidior, une de D. albertisi albertisi, une de D. ligata dealbata, trois de D. mysis lara et quatre de D. ladas levis (pour 13 mâles). Selon Leslie Day, la femelle de D. caroli caroli est la plus visible : nous n’avons que deux femelles pour dix mâles. Avec 25 % de femelles, D. mysis lara présente le taux le plus élevé (pour un échantillonnage réduit : 4 exemplaires seulement). Nous comptons (toutes espèces confondues) 10 femelles et 69 mâles (soit 12,65 % de femelles). Ce déséquilibre entre les sexes s’explique par l’habitude des femelles de voler au niveau de la canopée, sans descendre au sol ni fréquenter les abords des cours d’eau. Ainsi, la femelle de Delias takashii SAKUMA, 1999 (endémique de l’Arfak) est toujours inconnue (Leslie Day).

Les mâles pratiquent le « mud-puddling » (de l’anglais puddle : flaque d’eau ; les papillons pompent les sels minéraux dissous) sur le sable humide du lit des torrents, souvent isolés, sans trop se regrouper. PARSONS (298) précise que ce comportement se constate surtout au-dessus de 1200 m. Rapportons quelques moments caractéristiques. Par une fin d’après-midi pluvieuse à Mokwam (19 août), les gamins du village nous conduisent le long d’un ruisseau qui coule à une centaine de mètres des maisons et fait office de bain public : sur les feuilles des arbres surplombant le cours d’eau de nombreux D. ladas levis se sont abrités et ne volent que dérangés. TOXOPEUS écrivait que « les lits de rivières sont toujours des lieux où, par temps ensoleillé, ces papillons vont voler et, par temps couvert, vont se poser » (cité in PARSONS, 298). Le 23 août, matinée ensoleillée à Siobri et, entre 8 h et 9 h, Delias albertisi et Delias meeki arfakensis volent à 1700 m. Durant la seconde partie de la matinée, je remonte le lit de la rivière et observe de nombreux Delias « mud-puddlant » entre les blocs de granite – entre lesquels slalome rapidement Graphium weiskei weiskei (RIBBE, 1900) – : Delias heroni, D. kenricki, D. angiensis, D. microsticha flavopicta et Delias caroli caroli. L’après-midi, le temps se couvre et nous n’observons aucun Delias le long de la piste au-dessus du village pas plus que dans la forêt située un peu en contrebas.

Le torrent à Siobri, Arfak, août 2007. Photo : Jean-Marc Gayman

Le torrent à Siobri, Arfak, août 2007. Photo : Jean-Marc Gayman

Ces observations corroborent les remarques de MEEK (1913, 125) signalant que les mâles de Delias volent au-dessus des rivières à 4 m au-dessus du sol. Et celles de MORINAKA (1993), étudiant les Delias dans la Vallée de la Baliem, à 2000 m : le puddling ne commence que par beau temps ou faiblement nuageux quand la température atteint 20°C ou plus (vers 9 h), et toutes les activités cessent, avec dispersion, si les nuages persistent. Le mud-puddling se prolonge sinon jusque vers 1h30. Généralement, moins d’une dizaine d’individus seulement, parfois une trentaine de plusieurs espèces.

Le matin du 24 août, sur cette même piste qui mène vers Meni, comme le soleil chauffe le versant exposé à l’Est, Delias et Cethosia cydippe damasippe (C. & R. FELDER, 1867) volent et butinent. À Meni, toujours par beau temps, les Delias (D. ligata dealbata), moins nombreux, sont moins approchables : ils sortent peu de la forêt pour parfois suivre la piste, toujours au plus près des arbres, à 4 ou 5 m de hauteur. S’ils se posent, c’est de manière inaccessible, assez haut et presque toujours hors de portée, comme aussi Vindula arsinoe arsinoe (CRAMER, 1777). Cette portion de la piste suit une ligne de crête puis poursuit à mi-versant : nous ne pouvons pas observer le comportement des Delias le long d’un thalweg et d’un torrent. C’est probablement pourquoi Delias ladas levis, très abondant à Mokwam, nous apparaît comme très occasionnel à Meni. Plus haut, le long de la même piste (menant à Mokwam), avant que les nuages n’assombrissent le ciel, nous rencontrons Delias albertisi albertisi, D. anjae et D. caroli caroli. Le ciel devenu nuageux, à 5 ou 6 m de hauteur, plane lentement un couple de Morphotaenaris schoenbergi schoenbergi (FRUHSTORFER, 1893). Les Delias se sont retirés.

Meni : lieu de passage des ornithoptères. Arfak, août 2007. Photo : J.-M. Gayman

Meni : lieu de passage des Ornithoptères, au premier plan, et des Delias, au second. Arfak, août 2007. Photo : J.-M. Gayman

Delias albertisi albertisi OBERTHÜR, 1880 (ssp. endémique de l’Arfak)
Delias angiensis TALBOT, 1928 (espèce endémique)
Delias anjae SCHRODËR, 1977 (espèce endémique)
Delias caroli caroli KENRICK, 1909 (ssp. endémique)
Delias heroni KENRICK, 1909 (espèce endémique)
Delias kenricki TALBOT, 1937 (espèce endémique)
Delias ladas levis JOICEY & TALBOT, 1922
Delias ligata dealbata TALBOT, 1928 (ssp. endémique)
Delias mavroneria flavidior ROTHSCHILD, 1916
Delias meeki arfakensis JOICEY & TALBOT, 1922 (ssp. endémique)
Delias microsticha flavopicta ROTHSCHILD & JORDAN, 1904 (ssp. endémique)
Delias mysis lara BOISDUVAL, 1836
Delias takashii SAKUMA, 1999 (espèce endémique)

Pour une version complète de l’article : Delias de l’Arfak : delias_de_l_arfak

Pour les références, voir la rubrique “Bibliographie” :

Lépidoptères de l’Arfak

Delias de l’Arfak

Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

Delias caroli caroli KENRICK, 1909. Mokwam, Arfak, août 2007. Photo : G. Zakine

2 réponses

  1. Pequin
    |

    Article très intéressant. Nous avons observé les mêmes comportements dans la Baliem :

    – les Delias d’altitude se trouvent exclusivement près des ruisseaux,
    – les Delias commencent à voler vers 8 h et se “couchent” vers 14 (étonnant d’ailleurs car il fait encore beau et chaud jusqu’à 16/17h). De plus, ils arrêtent de voler au moindre nuage.
    – certains Delias mud-puddlent comme ceux du groupe eichhorni (D. toxopei, catisa…), d’autres jamais et volent plus en hauteur (D. zebra…), d’autres passent pas mal de temps posé sur les feuilles (D. ligata…).
    MAIS TOUS sont aux alentours des ruisseaux… ce qui rend la chasse aux Delias d’altitude particulièrement casse-gueule car on doit sauter de rocher en rocher tout en ayant le nez en l’air…
    C’est tout le charme de la chasse aux Delias.

    On ne l’a pas expérimenté, mais il paraitrait qu’on peut attirer certains mâles en en déposant un autre sur une feuille au dessus des ruisseaux… à tester.

  2. Casadio Carlo Arrigo
    |

    Hi,
    I’m an italian entomologist. I collect and study Cerambycidae of genus Rosenbergia and I like to know if you could help me to find any insects dealers from West Papua.

    My best regards
    Carlo A.

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